Nous sommes toujours attentives à
ce que vivent les enfants et prêtes à nous engager lorsqu’un danger les
menace.
Aujourd’hui, c’est l’hypersexualisation
des jeunes qui nous interpelle. Voilà pourquoi, au nom de toutes, je me suis
engagée dans un comité du Centre des Femmes Memphrémagog qui étudie ce
phénomène.

Dans ce comité, nous avons pris
conscience que les modèles proposés aux enfants présentent le corps comme un
objet. Cette façon de faire reflète le comportement de notre société où la
mode hypersexée s’impose, où la publicité promeut une liberté sexuelle
sans limite et, surtout, où l’argent est le dieu auquel on sacrifie
l’enfance sans oser remettre en question qui ou quoi que ce soit.

De plus, en écoutant Mme
Marie-Marthe Julien, spécialiste de la mode, lors d’un panel de
l’UQUAM (canal Savoir), j’ai appris que le
point de départ de la mode actuelle venait de la révolution amenée par les
Punks qui ont eu sur notre société un impact encore plus marqué que les
Girls Flowers. Ainsi, on est passé des Peace and Love au mode agressif du
percing, du tatouage, du dévoilement du corps tout en cherchant à montrer
une virginité par l’épilation du pubis, symbole de l’enfance. On infantilise
le corps des filles qui donnent à voir leur ventre en suggérant un sexe
glabre. Que révèle cette nudité physique sinon la nudité psychique? La porno,
partout acceptée, le comportement sexy, le langage sexé, qui montrent une
femme et un homme libérés de toutes limites sexuelles, déstabilisent
l’enfant.

Dans notre comité, nous voulons
mettre en lumière auprès des jeunes parents cette pression sociale qui ne
facilite pas chez leurs jeunes l’apprentissage de la liberté. Il n’y a pas
de liberté sans que soit développée la capacité de choisir. Or, sur le plan
de l’habillement et du comportement à caractère sexuel, il est clair que
l’enfant a à faire des choix dans le monde hypersexualisé qui l’entoure.
Nous voulons dire aux parents combien leur rôle d’éducateur, de protecteur,
de modèle est important dans la quête de sens que vit leur enfant.
L’émotion, la tendresse, l’amour sont là en puissance et demandent à
s’épanouir mais le milieu social n’est pas aidant et il importe qu’ils
agissent comme guides pour développer l’esprit critique chez leurs enfants
face à ce que la publicité, la télévision, le milieu social leur propose
comme chemin de vie en les invitant à faire des choix pour un bonheur qui
dure.
Lucille Lepitre, fcscj