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Le 8 mars est un jour important parce qu’on y
célèbre une marche en avant de l’humanité toute
entière. Que des femmes ici comme ailleurs aient
voulu s’instruire, dire leur mot dans les
arcanes du pouvoir, accéder à l’indépendance
financière, prendre les décisions en ce qui les
concerne au plus intime d’elles-mêmes dans la
procréation, il y a là des acquis de dignité, de
maturité qui parlent d’évolution des peuples.

C’est une évolution toute récente du XXe siècle
dont tout le monde peut être fier. L’image des
papas portant leur bébé en « snugly » sur leur
ventre est une image fondatrice du XXe siècle…
beaucoup plus que celle de ces femmes qui, hier,
brûlaient leur soutien-gorge sur la place
publique, dira Ariane Émond.
Jeannette Bertrand, une autre battante, avoue
que ce qui la rend le plus heureuse quand elle
regarde le chemin parcouru, c’est la
dénonciation de l’inceste. Les pères savent
maintenant que les enfants vont les dénoncer,
qui qu’ils soient. Il y a des programmes dans
les écoles qui sensibilisent les enfants à se
faire respecter même par leurs parents.
Aujourd’hui, les enfants sont reconnus comme des
personnes et ont des droits. Tout ce long
chemin, nous le devons à des femmes qui ont eu
le courage de s’impliquer et de se faire
respecter.
Est-ce à dire que le travail est fait, qu’il
faille passer à autre chose? Qui croit en la
femme parfaite? On sait bien qu’elle n’existe
pas et que de nouveaux pièges guettent les
jeunes comme les moins jeunes femmes. Changer
les lois et les structures est une chose,
changer sa façon de voir et de penser en est une
autre, qui nécessite un effort de tous les
instants.
Le pouvoir de séduction des femmes est réel,
mais ne va pas dans le sens de la dignité quand
la femme est chosifiée, dans la publicité par
exemple. Beaucoup de femmes ne voient pas ce
pouvoir se retourner contre elles quand elles
l’utilisent pour obtenir quelque chose en
échange de faveurs sexuelles, même en couple.
Surtout, on ne prend pas garde, comme société,
au fait d’entraîner de très jeunes enfants à
développer leur pouvoir de séduction par la
sexualisation précoce à l’âge de la découverte,
de l’émerveillement, de la socialisation… C’est
une enfance volée, Mozart assassiné,
dirait Saint-Exupéry.
Lucille Lepitre, fcscj
Madame, octobre 06, p. 52
Idem, Jean-Louis Gauthier, p. 14 |
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