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L’enseignement de 1907 à 1970 |
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Dès
les débuts de leur Congrégation (1823), les FCSCJ reçoivent
le mandat de « donner une éducation chrétienne aux enfants
et aux jeunes personnes et (de) les instruire suivant leurs
moyens et leur condition, avec soin, de bon cœur et d’une
manière efficace. » (Règles et constitutions, Constitution
VI, 3e) Cette directive reçue de leurs fondateurs
inspire les sœurs établies au Québec depuis 1908.
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La
fondation de la Crèche et du couvent de Magog, puis celle du
couvent de Valcourt, sont le point de départ d’un essor qui
grandit jusqu’aux années 70. Aux fondatrices d’origine
française se sont alors ajoutées 863 religieuses d’origine
canadienne et américaine. Géographiquement, le terrain
d’insertion de la Congrégation couvre un rayon de 200
kilomètres carrés ayant pour centre la Ville de Sherbrooke
(90,000 habitants) située au sud de la province de Québec, à
30 kilomètres de la frontière des États-Unis. À cela, on
doit ajouter 10 établissements en Abitibi (le premier en
1925) et quelques pointes de présence dans d’autres
provinces et d’autres pays. |
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Dès
l’ouverture des premières écoles, l’ardeur et la compétence
que les sœurs mettent à l’accomplissement de leur tâche
déborde largement les limites du couvent. Le curé de la
paroisse trouve chez les sœurs des collaboratrices pour ses
œuvres pastorales, les jeune filles un lieu de
rassemblement, les malades, les vieillards et les pauvres,
des soins attentifs, les familles une amitié et un
dévouement discrets et toujours assurés.
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La
Congrégation a connu un développement progressif de la
formation de ses enseignantes, stimulé par le niveau
croissant des études dans la province de Québec, la
nécessité de s’adapter aux divers changements de programmes
et de méthodes, l’engagement des sœurs dans l’enseignement
secondaire, puis collégial et universitaire. |
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Par
souci d’une compétence accrue au service de l’éducation, la
Congrégation a fondé quelques institutions d’enseignement
privées qui ont eu une grande importance dans leur milieu :
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le Scolasticat-École normale Saint-Sacrement (1937),
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l’École normale Notre-Dame du Sacré-Cœur (1942),
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le Collège du Sacré-Cœur (1945). |
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Ces
trois établissements, ainsi qu’une école maternelle et un
cours dit pré-classique, tous situés à Sherbrooke, sont les
seules institutions scolaires privées que la congrégation a
possédées au Québec. Les autres étaient des écoles de
commissions scolaires. |
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L’École
normale Notre-Dame du Sacré-Cœur ouvrit ses portes à toutes
celles – de sexe féminin seulement, selon les pratiques de
l’époque – qui se destinaient à l’enseignement. Elle
accueillit un total de 3734 élèves et dut fermer ses
portes après la réforme recommandée par la Commission royale
d’enquête sur l’enseignement, dite Commission Parent et mise
en œuvre par le Gouvernement du Québec qui confiait aux
universités la formation des maîtres. Plusieurs enseignantes FCSCJ migrèrent vers l’Université de Sherbrooke en même
temps que leurs élèves. |
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Le
Collège du Sacré-Cœur fut le premier établissement
d’enseignement collégial féminin de la région. Il
s’adressait aux religieuses et aux jeunes filles laïques qui
se préparaient à des études de niveau universitaire.
Jusqu’en 1960, l’enseignement et les tâches de soutien
étaient presque entièrement remplies par des religieuses.
Lui aussi a vu sa clientèle dirigée vers les universités à
la suite de la réforme instiguée par le Gouvernement du
Québec en 1964. Il avait à ce moment donné la formation à
4927 élèves. |
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De
quelque niveau qu’il soit : collégial, secondaire et même
dans bien des cas élémentaire, un établissement des FCSCJ
est à la fois externat et internat. La résidence des
religieuses est contiguë aux locaux scolaires et au
pensionnat. Le tout forme le couvent : milieu de vie ouvert
aux jeunes et à leurs parents, en lien avec la communauté
paroissiale. |
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Deux
personnes ont marqué le monde de l’enseignement chez les
Filles de la Charité du Sacré-Coeur de Jésus. Ce sont Sœur Thérèse-Marie et Sœur Renée-du-Saint-Sacrement. |
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Sœur
Thérèse-Marie, arrivée de France en 1920 et préfète des
études jusqu’en 1949, avait un grand souci de la compétence
des institutrices FCSCJ et de l’efficacité de leur
enseignement. On ferait facilement un film ou un roman pour
rappeler tous les moyens qu’elle mit en œuvre pour élever le
niveau de la formation, celle des sœurs et celle des élèves.
Mentionnons les cours de vacances inaugurés en 1926 où les
sœurs préparent les examens du Bureau central et ceux de
l’Université de Montréal. Mentionnons, pour l’importance de
ce stimulant et pour son originalité, les cahiers de
roulement. Dans un même cahier, les élèves écrivaient leurs
devoirs scolaires à tour de rôle. Puis l’enseignante
envoyait ce cahier à Sœur Thérèse-Marie qui l’annotait et
l’exposait dans une salle où toutes pouvaient l’examiner au
cours des vacances. |
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Sœur
Renée-du-Saint-Sacrement commence à seconder Sœur Thérèse-Marie à partir de 1933 et lui succède en 1949. De
son bureau situé sur le campus de la rue du Parc, entre le
Collège et l’École normale, elle demeure jusqu’en 1969
l’inspiratrice, le soutien, mieux encore l’agent actif du
perfectionnement continu et de l’innovation pédagogique. |
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Remarquable
est l’aptitude que possède la directrice générale à se créer
des relations intéressées à l’éducation, ou bien encore
cellle de trouver aussi bien à l’étranger qu’au pays des
personnes expertes qui puissent contribuer à perfectionner
ou à rénover l’enseignement dans la discipline de leur
compétence respective. Mentionnons-en quelques-uns : l’abbé
Henri Bissonnier, président du bureau international
catholique de l’enfance (France) et Mlle Jeannine Guindon,
directrice du Centre de formation des éducateurs spécialisés
de l’Université de Montréal; M. François Coudreau, pss,
fondateur de l’École supérieure catéchétique de Paris; le
professeur Dienes pour la méthode Cuisenaire-Gattegno, Mgr
Émile Chartier, ancien vice-recteur de l’Université de
Montréal. |
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Une
contribution importante de Sœur Renée au domaine de
l’enseignement fut la création et l’application de la
Méthode dynamique de lecture. Sœur Renée du Saint-Sacrement,
de son nom civil Antoinette Guinebretière, fut la mère de
cette méthode qui forma des centaines d’enfants dans toutes
les provinces et territoires du Canada ainsi que dans
d’autres pays : Honduras, Polynésie française, Etats-Unis,
etc. Élaborée et expérimentée à partir de 1942, elle fut
reconnue officiellement par le Département de l’Instruction
publique en 1953 et des FCSCJ ont continué à la développer
jusqu’à ces toutes dernières années. |
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C’est
à partir de la phrase et même du récit que les écoliers et
les écolières commencent l’apprentissage de la lecture, à
partir de leurs intérêts immédiats d’enfants de cinq ou six
ans. C’est dire que la méthode intègre les principes de
psychologie et de psycho-pédagogie propres au développement
de cet âge. Elle fait appel aux facultés d’analyse et de
synthèse dont les jeunes sont capables et vise à développer
l’observation, l’imagination, le goût pour la narration
écrite et orale, le dessin, le mime et le chant. |
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Sœur
Renée et son équipe ont mené de front : |
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- la recherche théorique, |
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la création d’instruments pédagogiques (livres de lecture,
cahiers d’exercices, fiches de travail, ouvrages de psycho-pédagogie et de méthodologie, guides du maître, etc.
illustrés, imprimés et diffusés d’abord par les soins des
religieuses avant d’être confiés à des professionnels de
l’édition)
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- et l’expérimentation dans quelques écoles. |
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Mais
on n’utilise pas cette méthode sans formation appropriée : à
la fin de l’année scolaire 1968-1969, 18 968 institutrices
avaient suivi les cours et avaient été supervisées dans
l’application de la méthode en classe. |
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De
1908 à 1970, l’enseignement de la musique tient aussi une
place à part chez nous. Dans la plupart des écoles, les
sœurs offrent hors cours des leçons de piano, dirigent une
chorale paroissiale et initient leurs élèves au solfège.
C’est que dès leur formation initiale dans la Congrégation,
bon nombre de sœurs purent acquérir des notions de théorie
musicale, les principes de la direction du chant grâce aux
ressources internes de la Congrégation et à celles de
l’extérieur : les religieuses des Saints Noms de Jésus et de
Marie, les moines de Saint-Benoît du Lac, Sœur Marie du
Christ, dominicaine rattachée à l’Université et à l’Institut
pédagogique de Montréal pour la méthode Ward. À partir de
1955, des sœurs complètent leur formation musicale à l’École
Vincent d’Indy ou à la Faculté de musique de l’Université de
Montréal. Elles deviennent ensuite les maîtresses de l’école
de musique. |
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Une
mention spéciale doit être accordée à la formation musicale
donnée au Collège du Sacré-Cœur. Regroupant les élèves de
tout le campus de la rue du Parc, cette « école de musique »
offre des cours depuis le niveau préparatoire jusqu’au
lauréat et, pour certaines élèves, jusqu’à un « baccalauréat
classico-musical ». Pour ces dernières, la formation de base
et la maîtrise d’un instrument constituent une option du
cours collégial reconnu par l’Université de Sherbrooke.
L’école, qui a compté certaines années jusqu’à 150 élèves,
doit pour une part sa culture générale et le renouvellement
de ses méthodes à M. Paul Loyonnet, professeur à l'école Vincent
d’Indy, et aux conseils des professeurs de la Faculté de
musique de l’Université de Montréal, membres assidus d’un
jury d’examen. |
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Dans
Magog, l’Harmonie Notre-Dame a rassemblé autour de Sœur
Saint-Gérard et de celles qui lui ont succédé des jeunes
filles désireuses d’apprendre à jouer d’un instrument et de
s’exprimer dans des prestations de groupe : concerts en
plein air, etc. |
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La
formation en soins infirmiers – substantielle chez nous –
sera traitée dans la partie suivante concernant notre
implication dans le domaine de la santé. |
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En
1969, alors que se ferment l’école d’infirmières de l’Hôtel-Dieu
ainsi que l’École normale Notre-Dame du Sacré-Cœur, tandis
que le collège classique du Sacré-Cœur s’apprête à céder ses
droits à une association coopérative formée par les parents
de ses élèves, les religieuses qui oeuvrent dans ces
institutions vont s’intégrer au personnel enseignant, les
unes au CEGEP, les autres à l’Université de Sherbrooke,
d’autres à l’actuel Collège du Sacré-Cœur, d’autres vont
enseigner dans les établissements secondaires publics. Même
si la Congrégation ne possède plus aucune institution
privée, son Bureau des études et son Centre de pédagogie
dynamique vont poursuivre sur leur lancée leur tâche
respective au service de l’enseignement, le premier jusqu’à
la mort de Sœur Renée du Saint-Sacrement en 1973, et le
second jusqu’en 2002. |
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Le
service de l’enseignement que la Congrégation a assumé dans
la province depuis 1908, elle lui a consacré la plus grande
partie de ses ressources humaines et financières. Aux élèves
de ses établissements scolaires, elle a voulu donner le
meilleur. Car elle a cru au rôle des personnes bien formées
intellectuellement et moralement, quelles que soient les
sphères de la société où elles exercent leur action.
Par
leurs pairs, elles ont été considérées comme des
enseignantes compétentes et ouvertes aux progrès
pédagogiques et sociaux. Elles se sont aussi attiré la
reconnaissance des autres congrégations religieuses
enseignantes et des instituteurs et institutrices laïcs en
leur donnant accès à la formation qu’elles organisaient pour
leur propre corps professoral. |
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Aujourd’hui,
il n’est pas étonnant que les enseignantes d’autrefois
s’adonnent à des activités où la communication de
connaissances occupe une bonne place : enseignement de la
catéchèse, direction de petites chorales, animation de
groupes de réflexion, etc. C’est leur façon de poursuivre
leur action dans un champ pour lequel elles ont été formées,
qu’elles ont embrassé avec toutes leurs forces et où elles
peuvent exercer leur compétence. Ainsi, elles accomplissent
toujours le rôle auquel les fondateurs, Jean-Maurice Catroux
et Rose Giet conviaient leurs sœurs.
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